Travail, réussite et bonheur

Travail, réussite et bonheur ?

Bonjour chers leaders audacieux,

Aujourd’hui, je nous invite à réexaminer les liens communément admis entre travail, réussite et bonheur. Je m’appuie pour cela sur les travaux de Shawn Achor à Harvard. Vous trouverez le lien à une de ses conférences sur le sujet à la fin de l’article.

Tout d’abord, une petite histoire perso pour rentrer dans le sujet :

Début de mois, au premier étage du bâtiment administratif, je suis face à Nicole. Une des rares femmes cadre du site, autodidacte, qui, à la cinquantaine, s’est vu confier les rênes du service comptabilité et est devenue une virtuose de la comptabilité analytique fraichement installée.

Un long listing, truffé de références et de chiffres, déroule une drôle de nape entre nous.

J’ai 24 ans. Il y a trois mois, qu’à peine sortie de mon école d’ingénieur, j’ai embauché à la Saft comme chef d’atelier de production. Passé l’euphorie de l’embauche et du passage à ma nouvelle vie, j’ai rapidement constaté que, dès le début du mois, le flot d’« …erdement» s’enclenchaient.  

Et là avec Nicole, nous y sommes. Des tonnes de Nickel auraient disparues dans mes ateliers.

Telles deux détectives chevronnées, nous voilà en train d’étudier les mouvements de matière première au sein de mes ateliers pour tenter d’expliquer cet écart monstrueux entre les chiffres issus de la comptabilité analytique et ceux issus de l’inventaire physique, qui, bien entendu devraient être identiques !!!

Les allers-retours bureau-atelier se succèdent pour recompter les stocks, les encours, les recalculs re-pointages de bons s’enchainent.

Ce mardi là, à 10H30, je quitte le listing des yeux pour les plonger dans les yeux verts de Nicole et lui dit : 

  • « Ils m’ont menti ! »

Les sourcils de Nicole remontent sur son front.

Je poursuis : 

  • « Travaille bien, à l’école ! Travaille bien, à l’école. Après tu seras tranquille. Ils m’ont menti, Nicole ! »

Nicole, part dans un fou rire aux larmes qui égaye tout l’ étage .

Je ne serais pas étonnée que la charmante retraitée qu’elle est aujourd’hui se rappelle encore cette brutale prise de conscience de la naïve ingénieur avec la goute de lait au bout du nez que j’étais.

Plus généralement, la plupart des sociétés et des écoles suivent la recette du succès suivante : 

Si je travaille plus dur, je réussirai mieux. Et si je réussis mieux, alors je serais heureux. C’est à la base de la plupart de nos modes d’éducation, de management, c’est la façon dont on se donne de la motivation

Le problème, c’est que c’est scientifiquement invalide et inversé 

D’abord, chaque fois que notre cerveau réussit quelque chose, on ne fait que repousser les limites de la réussite. Vous avez eu de bonnes notes, il vous en faut maintenant de meilleures, vous avez intégré une bonne école, et après avoir en intégré une encore meilleure, vous avez obtenu un bon travail, mais vous devez en obtenir un meilleur, vous avez atteint vos objectifs de vente, on va vous les changer. 

Si le bonheur est de l’autre côté du succès, votre cerveau n’y arrive jamais. Nous avons repoussé le bonheur au-delà de l’horizon cognitif, dans notre société. 

Et c’est parce que nous croyons qu’il faut réussir, avant d’être heureux. 

Mais le vrai problème, c’est que notre cerveau marche dans le sens inverse.

 Si on peut élever le niveau de positivité de quelqu’un dès maintenant, son cerveau ressent ce qu’on appelle aujourd’hui un avantage de bonheur, c’est à dire que le cerveau, en mode positif, est nettement plus efficace qu’en mode négatif, neutre, ou stressé. L’intelligence, la créativité, le niveau d’énergie augmentent. 

En fait, on a découvert que chacun des résultats professionnels s’améliore. Le cerveau en mode positif est 31 % plus productif qu’en mode négatif, neutre ou stressé. On améliore les ventes de 37 %. Les médecins sont plus rapides et précis de 19 % dans l’établissement d’un diagnostic exact, en mode positif plutôt qu’en mode négatif, neutre ou stressé. Ce qui veut dire qu’on peut inverser la recette. Si on trouve un moyen pour être positif au présent, alors nos cerveaux réussiront encore mieux, car nous pourrons travailler plus dur, plus vite, et plus intelligemment. 

Il nous faut inverser la recette, pour découvrir ce dont sont vraiment capables nos cerveaux. Parce que la dopamine, qui inonde notre système quand on est positif, a deux fonctions. Non seulement elle vous rend plus heureux, mais elle met en route vos fonctions d’apprentissage, et vous permet de vous adapter au monde d’une façon différente. 

Alors ? Intéressés pour savoir comment entrainer notre cerveau  pour déclencher régulièrement ces bienfaits de la dopamine ?

Les équipes de Shawn Achor à Harvard ont découvert qu’il est possible d’entraîner notre cerveau à devenir plus positif. En seulement deux minutes, pendant 21 jours d’affilée, on peut vraiment reprogrammer notre cerveau, et lui permettre de travailler vraiment avec plus d’optimisme et plus de succès. Dans le cadre de leurs recherches, dans chaque société avec laquelle Show Achor a travaillé, elles ont fait écrire à tous les participants aux expériences, trois nouvelles choses réjouissantes, pendant 21 jours d’affilée, trois nouvelles choses par jour. 

Les équipes de Shawn Achor ont constaté qu’à la fin de cette expérience de collecte de trois choses positives par jour pendant 21 jours, le cerveau des personnes embarquées dans l’expérience acquiert l’habitude de regarder le monde, non pour le négatif, mais d’abord pour le positif. 

Parler dans notre journal d’une expérience positive au cours des dernières 24 heures permet à notre cerveau de la revivre. L’exercice apprend à votre cerveau que votre attitude compte. 

De plus les équipes de Shawn Achor ont découvert que la méditation permet à notre cerveau de se débarrasser de l’hyperactivité culturelle que nous avons créée en essayant d’effectuer plusieurs tâches à la fois, et permet à notre cerveau de se concentrer efficacement et sereinement sur son travail du moment. 

Enfin, le dernier ingrédient :  la gentillesse gratuite. La gentillesse gratuite est une gentillesse consciente. Les équipes de Shawn Achor ont demandé aux personnes participant à l’expérience qu’à chaque fois qu’ ils ouvraient leur messagerie, ils écrivent un mail positif, félicitant ou remerciant quelqu’un dans leur entourage. 

En faisant cela :

  • Noter sur un journal perso, pendant 21 jours, trois choses positives arrivées dans la journée,
  • Méditer 5 mn (pour les boéciens, la respirothèque peut aider)
  • Pratiquer la gentillesse gratuite, par exemple avec l’envoi d’un mail positif à chaque fois qu’on ouvre notre messagerie.

Nous avons chacun le pouvoir de réconcilier harmonieusement travail, réussite et bonheur. Envie d’essayer ? Bonne dopamine 😉

A dimanche 12h12 pour un prochain numéro. 

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