Synergie “Nickel-Chrome”à l’usage des leaders

Synergie : L’enjeu du moment pour réussir la conduite du changement. Mais  l’appréhendons- nous correctement ?

Que se passe-t-il lorsque nous abordons  la synergie avec l’esprit cartésien ? Quel est le réel  danger du maillon faible ?  Notre approche qui aborde le tout comme la somme des parties est- elle notre amie ou bien notre ennemie ? .

J’ai envie aujourd’hui de  vous inviter à visiter l’approche de la synergie en compagnie de R.Buckminster Fuller ,architectedesignerinventeurécrivain et futuriste américain ,père de pas moins de 28 brevets déposés aux États-Unis, récompensé de nombreux doctorats honorifiques. Egalement nommé « humaniste de l’année 1969 » par L’American Humanist Association

Synergie : L’expérience de Fuller.

Voici ce que nous dit  de la synergie cet esprit brillant du siècle dernier, avant gardiste sur bien des sujets.

« Dans l’acier nickel- chrome, les constituants primaires sont le fer, le chrome et le nickel. Il y a quelques constituants mineurs de carbone, manganèse et autres. La façon de penser très classique consiste à dire qu’une chaîne n’est pas plus forte que son maillon le plus faible. Et cela nous semble très logique.

Par conséquent, nous estimons que nous pouvons prédire les choses en fonction de certains constituants mineurs des ensembles. Voilà comment nous réfléchissons.

Si je disais qu’une chaîne est aussi forte que la somme des forces de ses liens, vous diriez que cela est ridicule. Si je disais qu’une chaîne est plus forte que la somme des forces de tous ses liens, vous pourriez dire que c’est absurde.

Pourtant, c’est exactement ce qui se passe avec l’ acier nickel- chrome. Si notre logique habituelle est vraie, alors le fer comme la partie la plus faible devrait altérer le tout : puisque c’est le maillon le plus faible, le tout se briserait lorsque le maillon le plus faible défaillirait. Donc, nous avons : la résistance à la traction du fer disponible dans le commerce (le plus élevé que nous pouvons valider )d’environ 60 000 livres par pouce carré (p.s.i.); du chrome d’environ 70 000 p.s.i .; du nickel d’environ 80 000 p.s.i. Les résistances à la traction du carbone et des autres constituants mineurs représentent 50.000 p.s.i. En additionnant les forces de tous les liens, nous obtenons 260,000 p.s.i. Mais en fait, la résistance à la traction de l’acier au chrome-nickel est d’environ 350 000 p.s.i. Nous vérifions ici que le comportement de l’ensemble  est absolument imprévisible à partir du comportement des parties.

Notre façon traditionnelle de manager se pose dans la lignée du management par objectif. Notre approche managériale focalise d’abord sur chaque individu. L’état d’esprit cartésien qui pose le tout comme la somme des parties, réduit de fait notre intérêt sur les liens et leurs valeurs ajoutées.

Nous pouvons nous questionner sur le soin que nous portons à la synergie dans notre façon de manager !

L’expérience de Fuller au cœur de la matière bien palpable est une belle occasion de requestionner la place que nous accordons à l’évolution des relations dans nos organisations.

Aussi , plusieurs questions salutaires se posent à nous:

  • Quelle est la proportion de l’ investissement que nous consacrons à renforcer la synergie par rapport à celui de renforcer les compétences et motivations individuelles ?
  • Quelle est la valeur ajoutée de notre organisation ? Renforce-t-elle l’approche métier ? Renforce-t-elle la synergie des métiers ?

R.Buckminster Fuller nous invite par l’observation même des phénomènes matériels à penser autrement, à penser synergie plus que somme des parties.

Bien souvent , aujourd’hui , nous arrivons aux limites  de nos systèmes de réussite . Alors , appuyons nous sur nos erreurs car comme le suggère l’auteur qui écrit également «  La plupart de mes découvertes, l’étaient par erreur. Vous découvrez ce qui est quand vous vous débarrassez de ce qui n’est pas »

Peut être avons nous à gagner à nous dépouiller de ce qui n’est pas : un fonctionnement mécaniste de nos organisations. L’ approche  mécaniste nie la VIE . Peut être tenons nous là la clé pour redonner de la vitalité et de la fluidité à nos systèmes ankylosés.

La synergie est probablement l’aspect le moins travaillé dans nos organisations et pour autant c’est surement elle qui nous ouvrira de nouveaux horizons.

Laissons là notre approche mécaniste des organisations et ouvrons-nous à la synergie pour de bon 😊 !