Sécurisation vs performance

Bonjour chers leaders audacieux. J’ai eu la chance d’assister mardi, à l’occasion du forum «  Une époque formidable » à Bordeaux, à un partage avec le  neuro psychiatre français, Boris Cyrulnik.  Ce partage a déclenché chez moi une réflexion sur la sécurisation vs performance  dans nos entreprises aux moments fragiles d’intégration de nouveaux . En fonction des idées que je vais évoquer, n’hésitez pas à les commenter, les échanges de pratiques sont un vrai bienfait !

Une chose m’a particulièrement interpellée alors qu’Boris Cyrulnik nous témoignait, entre autres, de ces recherches dans le cadre d’une étude commanditée par le président de la république sur les 1000 premiers jours de l’enfant.

Bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire des ponts avec le management des nouveaux collaborateurs. Je vous les partage afin de lancer un échange dont nous sortirons, grâce à vous, tous grandi.

Lors de ces recherches, Boris Cyrulnik s’est aperçu du lien étroit entre sécurisation et performance.

Le bébé sécurisé par une gestation et des premiers mois paisibles est un bébé qui explore son environnement, qui cherche le contact et l’échange aisément. Contrairement, son homologue qui aura vécu une grossesse ou des premiers mois insécures, directement ou par le biais de sa mère et de son environnement restera, lui, figé et plutôt fermé.

Voulons-nous des collaborateurs figés ou des collaborateurs ouverts et en capacité d’explorer, d’innover, de faire preuve de créativité avec envie de collaborer ?

Boris Cyrulnik, s’est aperçu également que les pays scandinaves et la Finlande notamment, avait un modèle d’enseignement étonnant et pour autant extrêmement performant. Contrairement à leurs homologues coréens qui obtiennent rapidement de très fortes performances de leurs enfants, les Finlandais ralentissent volontairement les enfants en éloignant toutes exigences de performances dans un premier temps.  Le bilan : des enfants à termes est aussi performants dans chacun des modèles, mais aucun enfant n’est cassé pour les finlandais alors que beaucoup de suicides sont déplorés du coté coréen.

Voulons-nous des collaborateurs épanouis et truffés d’envies ou préférons nous récupérer rapidement le jus de citons pressés au burn-out programmé ?

Peut-être trouvez-vous un peu osé de comparer des professionnels adultes à des nourrissons ? Le rapprochement que je fais ici est un rapprochement de ces deux phases de dépendance dans nos vies : nos premiers mois dans la vie d’un coté et nos premiers pas dans une fonction ou un projet de l’autre coté.

Nous sommes d’accord sur le fait que le nouveau-né est dépendant de son environnement pour subsister. Quand au nouveau collaborateur laissez moi vous citer quelques points qui étayent la réalité de cette courte phase de dépendance, les premiers mois de son arrivée dans l’entreprise ou sur un nouveau projet .

Par exemple, dans les premières réunions auxquelles il assiste, les autres parlent français. Ils font des phrases avec verbe, sujet et complément. Pour autant des diminutifs  et les sigles utilisés  rendent rapidement incompréhensibles les idées échangées au non initié. D’une certaine façon le nouveau collaborateur, doit comme le nouveau-né, intégrer un vocabulaire qu’il n’avait jamais rencontré.

Pour pouvoir faire ses premiers pas, il doit aussi être béquillé par un youpala de personnes clés pour le renseigner. Il a besoin de son manager, de ses collègues pour savoir :

  • Quelles sont les spécificités de l’entreprise ou du projet qu’il vient d’intégrer,
  • Qui aller voir pour faire quoi ,
  • Qui décide de quoi, quand, comment, avec qui,  
  • Quoi faire des 120 mails reçus dans la matinée,
  • Quelles sont les querelles historiques à connaitre pour comprendre ou éviter certaines réactions insensées.
  •  .. 

Bref, dans cette phase de dépendance du nouveau, sa réussite ou ses échecs vont être déterminés par notre façon de l’accompagner.

Mais dans le parallèle osé des phases de dépendance du  nouveau-né et celle d’un nouveau collaborateur, j’en viens à nous questionner sur le modèle que nous souhaitons concrètement adopter. Utilisons-nous plutôt :

  • Un modèle finlandais qui qui laisse la performance de coté dans un premier temps et permet d’explorer en sécurité ? Et si oui, comment ?
  • Ou un modèle coréen avec la recherche rapide de performance à tout crin ?

La parole est à vous chers leaders audacieux. Sécurisation vs performance, témoignez en quelques mots de l’efficacité de la façon dont :

  • Vous avez été intégré dans votre entreprise,
  • Vous y intégrez les nouveaux.

Dans cette époque formidable où nos modèles sont à réinventer, la richesse des partages issus de vos commentaires est un trésor de bienfaits.

Au plaisir de vous lire et à dimanche 12h12 pour un nouveau numéro.

Marie-Françoise Courtade.

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