Digital et management- 3 facteurs de réussite

Le digital est-il déjà bien en place dans la société d’aujourd’hui ?

 En aout 2012, j’étais en plein centre de León en Espagne devant la vitrine d’une boutique de souvenirs, il y avait là plusieurs plaques métalliques gravées de sentences diverses et variées, quand l’une d’elle attire mon attention. Immédiatement je la partage avec une certaine malice à mon mari :

« No necesito Google, mi marido lo sabe todo ! » ( Je n’ai pas besoin de Google, mon mari sait tout ) .

Google est devenu un réflexe pluri quotidien pour nombre d’entre nous. Au-delà des moteurs de recherche, les réseaux sociaux sont des vecteurs extraordinaires de liens et de diffusion de l’information et de la connaissance, les achats ou réservations en ligne sont monnaies courantes …et en 2017, pour la première fois  les déclarations d’ impôts numériques supplantent les déclarations papier. Je ne parle même pas de nos capacités augmentées avec un simple smartphone dans la main !

Oui ! Le digital s’est infiltré dans les recoins de notre quotidien individuel.

Sur le plan collectif, le digital facilite les solutions de partage de ressources individuelles. De nouveaux modèles économiques fleurissent. De nouveaux gisements économiques (AirBnB, BlaBlaCar, Uber) déstabilisent les modèles anciens. Nous ne parlons même pas de la révolution future de la Blockchain.

Dans l’industrie, les services, les solutions digitales, les robots questionnent la notion même de Travail…

En fait la magie du digital, le numérique (en français), réside dans sa capacité de nous libérer des contraintes de l’espace et du temps, de faciliter la mise en lien et de faire  de chacun de nous des « professionnels augmentés ». Mais pour bénéficier des avantages du digital, il est important de nous libérer des anciens paradigmes, à commencer par nos paradigmes relatif  au leadership sans quoi nous ne verrons que le côté obscur de sa force.

En effet, la lame de fond du digital se matérialise par des changements profonds de paradigmes tant individuels que collectifs.

Un paradigme est un ensemble de règles, de méthodes, de valeurs qui fondent notre efficacité, notre réussite dans un contexte donné. Par exemple le paradigme de la lecture rapide nous permet de lire et mémoriser un texte quand un enfant de CP est encore en train d’en ânonner les premiers mots.

D’un autre coté un paradigme nous coupe de la perception ce qui n’est pas normal dans le contexte ancien. Par exemple, l’enfant de CP lira un mot qui aura été doublé par erreur alors que l’adulte aux prises au paradigme de la lecture rapide ne verra pas le même mot doublé par erreur (exemple : un oiseau dans la la main).

On reconnait un changement de paradigme quand la liste des attributs relatifs à un sujet sont remplacés par leurs opposés.

Je vous joins ici deux planches relatant des changements de paradigmes que j’évoquais lors d’une conférence .

 

 

 

 

Dès 2003 , le sociologue Alain Mermier, qui régulièrement passe la société française au crible de sa sagacité, relevait dans son ouvrage Francoscopie le paradigme ci dessus , qui à l’époque montrait le changement de dominance entre le collectif et l’individuel.

En 2013,  le prospectiviste Marc Halevy sillonnait la France et partagait ses constats lors de conférences :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous vivons une époque incroyable de changement de paradigme économique qui arrive tous les 400 à 500 ans. Tout est à réinventer !!!!

Seul notre attachement à l’ancien paradigme , ici la courbe rouge nous fait crier à la crise et  nous effraye.

En entreprise de nouveaux modèles managériaux et organisationnels sont stimulés par ces changements  et vectorisés notamment par le digital.

Coté pile , avec le digital , le client «  rentre » dans les processus internes. Un DSI d’un collectivité territoriale cliente me faisait part de la révolution engendrée. Les dysfonctionnements dans le flux de traitement sont aujourd’hui «  dramatiquement » transparents pour les usagers.

Coté face , avec le digital , la liberté d’initiative individuelle et le monde du « co » ( cocreation, cooperation, collaboration…)  sont boostés à condition d’adapter l’organisation et le management( encore aux prises aux paradigmes de la courbe rouge). Le phénomène de l’  « entreprise libérée » participe de ce mouvement.

 N’ y a-t-il pas là une formidable opportunité d’ évoluer. Le digital ne va t il pas nous aider à mettre en mouvement le changement du management , l’ entreprise apprenante ?

L’ enjeu d’un changement de paradigme consiste à vivre le nouveaux, libérés des habitudes liés à l’ancien. Exactement comme lorsqu’on fait du développement international dans un pays d’une culture très très éloignée de la nôtre. Dans ce cas, notre premier job consiste à oublier tout ce qu’on sait, sous peine d’être rapidement hors jeu.

D’ailleurs quand on parle du digital, le changement ressemble plus à un débarquement sur autre planète que dans un autre pays.

Ne trouvez-vous  pas génial de retrouver l’esprit neuf du débutant, dans lequel existe infiniment plus de possibilités que dans celui de l’expert ?

« L’esprit du débutant est vide, libre des habitudes de l’expert, prêt à accepter, à douter, et ouvert à toutes les possibilités. C’est le genre d’esprit qui peut voir les choses telles qu’elles sont, qui, pas à pas et en un éclair, peut saisir la nature originelle de toute chose. C’est la pratique de l’esprit zen ». Shunryu Suzuky

Bref ! Nous pouvons changer en intégrant le numérique et en restant zen 😊 !

Concrètement : Soyons vigilants à faire autrement qu’« un peu plus de la même chose grâce au numérique » :  osons innover. Pour former nos collaborateurs, par exemple le faire « un peu plus de la même chose », reflexe de la courbe rouge, peut se traduire par du blended learning standardisé pour faire plus, plus vite , moins cher et surement pas mieux .

Surfons plutôt sur la courbe verte et nous réussirons autrement le plus, plus vite, avec moins et MIEUX. Imaginons par exemple un enrichissement croisé des virtuosités individuelles. Boostons le co développement virtuel en jouant un mix de  social learning et de réunion en ligne.

Pour améliorer la transformation numérique du développement de nos collaborateurs, les valeurs de la courbe verte vont nous guider !

Vous commencez voici quelques trucs et astuces que nous pouvons partager.

Dans nos actions d’accompagnement du changement, nous coconstruisons des solutions sur mesure avec les DRH et les responsables formation et les experts internes . Depuis 2016, nous cherchons avec eux à créer de la valeur ajoutée à nos interventions via  le digital. Nos constats dans ce domaine ouvrent également la voie de bonnes pratiques pour conduire le changement en matière de leadership.

Voici ce qui nous parait essentiel :

Privilégier la simplicité. 

Le monde est suffisamment complexe pour prendre le risque d’imaginer des solutions qui le sont aussi.

Le choix de solutions digitales simples est crucial, il ne faut pas avoir à nous embêter avec la technique.

De plus les modalités de transfert de connaissance les plus simples à mettre en œuvre techniquement passent chez nous par de courtes vidéos (3 mn  maxi) d’expert d’alliance management sur le management et le change management.

Simplicité ne veut pas dire facilité, au contraire, l’exigence de préparation est plus forte qu’en présentiel. La  la granulométrie des apports est fine. L’exigence d’élagage est forte. La valeur ajoutée pour l’apprenant est le critère de discernement.

Privilégier le lien

L’animation des parcours d’apprentissage est un élément clé . Compte tenu de l’écran de l’écran, le premier de trois besoins fondamentaux de « l’ Elément Humain » mis en avant par William Sultz : Intégration-contrôle -ouverture, est  plus que jamais à prendre en compte. Nous, consultants-formateurs, devenons avant tout des animateurs-facilitateurs, des entraineurs de co-création.

Chacun des participants plus que co- acteur, il est coréalisateur de la formation. Via le social learning, il est stimulé par le formateur pour enrichir le collectif de ses lectures, visionnages, expériences individuelles.

 

Privilégier le jeu

Revenons aux basiques de la nature, les jeunes animaux apprennent par le jeu. Idem pour nous humains, (si nous arrivons à ne pas trop nous prendre au sérieux). Regroupement virtuels, défis, challenges truffent les parcours et répondent aux besoins de lien et de jeu des apprenants.

Lors de notre dernière action d’accompagnement du changement par une formation de l’encadrement ( (160 managers) d’une entreprise de services, avec un budget contraint, j’ai été émerveillée de l’enrichissement digital obtenu avec la formule suivante en 7 étapes  :

  1. Webinaire introductif
  2. Evaluation amont par un 360° sur mesure+ profil personnalité en ligne
  3. En fonction du besoin de formation individuelle mise en avant par l’évaluation de départ, mise à dispo des apprenants d’une banque de mini apports théoriques (enchainement 15 20 MN de vidéo d’ expert formation en management de 2 à 3 mn )
  4. Présentiel demi-journées de training sur mini cas ” maison” et choix final d’un objectif de progrès à mettre en œuvre sur le terrain
  5. Période de 3 mois de mise en œuvre des acquis, soutenue par du social learning et stimulé par envoi régulier de vidéos clés de rappels des principaux outils managériaux
  6. Webinaire de retour d’expérience et célébration des réussites des changements terrain opérés.
  7. Evaluation finale en ligne pour attestation des acquis

Le digital learning est-il  un bon moyen pour démarrer la transformation numérique des entreprises, à commencer par le management ? 

Point de transformation durablement réussie , sans engagement !

L’engagement des salariés se mesure à l’aune de deux questions clés :

  1. A quoi ça sert ?
  2. A quoi je sers ?

Aujourd’hui nous pouvons nous demander si le digital learning , comme la transformation digitale, sont des réponses ou bien rajoutent -t-ils des questions en entreprise?

La mise en mouvement de toute transformation nécessite de dépasser les peurs qui lui sont associées.

Ce qui nous libère de la peur : le passage à l’action. Autrement nous nous épuisons dans la rumination des éventuels hypothétiques dangers…

Aussi le digital learning est doublement opérant pour réussir la transformation numérique de l’entreprise :

  1. Il permet de faciliter pour chacun l’acquisition de savoir-faire qui permettent de se sentir armé pour effectuer les changements et transformations.
  2. Il est, en tant que tel, concrètement, une mise en œuvre, une mise en mouvement, de la transformation digitale

Toutefois, le digital learning et le digital tout court ne répondent pas aux deux questions clés « à quoi ça sert ? », « à quoi je sers ? ».  L’engagement de la Direction pour clarifier  et partager le sens (direction, signification, sensation) de son Projet et de la place du Digital dans ce dernier, est un élément clé.

Au delà de la formation , en management,  le digital learning est un bon point d’entrée pour améliorer plus largement l’esprit de cocréation . 

En effet , le digital learning, comme le digital, est un facilitateur incroyable de cette évolution vers le « co ».

  • Les réunions à distance suite aux restrictions budgétaire ont ouvert la voie des webinaires
  • L’utilisation des réseaux sociaux a ouvert la voie du social learning
  • Comme Obélix, la nouvelle génération est tombée dans la potion magique quand elle était petite. Elle en a la force de cocréation sans plus avoir besoin de prendre de stimulations. Au contraire , elle s’agace devant le ” vieux croutons” .

Nous sommes dans l’ère du « co » du «  Et en même temps ….. »

Oui le digital learning version « courbe verte » facilite la cocréation et ouvre la voie de la transformation du management.

SIMPLICITE, LIEN ET JEU….VOILA NOS NOUVEAUX ENJEUX

Pensons Valeur Ajoutée, Talents partagés, Agilité des formules, Créativite des solutions et Simplicité. Encore pleins de beaux sujets pour ne pas nous ennuyer 🙂

 

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