Impact vital des relations

Impact vital des relations

Impact vital des relations.

Bonjour chers leaders audacieux aujourd’hui on va parler de l’impact vital des relations au travers de deux expériences incroyables, l’une terrible, l’autre moins mais néanmoins riche d’enseignements.

Commençons par l’expérience terrible relatée par un moine : frère Salimbene de Adam, franciscain de Parme (1221-1288). Il s’est promené au XIII -ème siècle dans toute l’Europe. Il a eu vent d’une expérience menée sur des enfants par l’empereur germanique de l’époque : Frederic II de Hohenstaufen, connu sous le pseudonyme de Stupor Mundi “Étonnement du monde”.   

En quoi consistait cette stupéfiante expérience ?

Vous allez voir :

Frederic II de Hohenstaufen était un érudit. On dit qu’il parlait neuf langues, notamment l’arabe classique, et qu’il pouvait écrire dans sept d’entre elles. Pour l’époque, sa formation intellectuelle en philosophie, astronomie, mathématique, médecine, botanique, biologie et littérature dépassait largement celle des autres monarques européens. La vie de ce monarque est très intéressante (voir www.stupormundi.it). Nous relatons ici un fait linguistique d’importance qui eut lieu sous son règne. Le Pape Innocent III, tuteur du roi, lui a conseillé en 1210 le mariage avec Constance d’Aragon (1179-1222), reine veuve d’Hongrie, de quatorze ans son aînée. Un an après de leur mariage, Frédéric a eu son premier fils, Henri II de Souabe (1211-1242). Alors jeune monarque de 17 ans à cette époque et en processus de formation, il a voulu savoir quel type de langue développeraient les bébés s’ils grandissaient sans aucun contact linguistique. En d’autres termes, quelle langue parlerait un enfant de manière spontanée et naturelle. Selon ce que raconte la Chronique de Salimbene de Adam, franciscain de Parme, après avoir réuni un nombre considérable de nouveau-nés encore allaités, et apparemment tous orphelins, le roi lança son expérience. Il ordonna aux gouvernantes et aux nourrices qu’elles allaitent les enfants, qu’elles les soignent et les baignent, qu’elles s’en occupent avec soin, mais sans jamais donner aucune caresse ni même leur adresser la parole. Le but ultime d’une de telle “expérience” était de connaître l’origine du langage naturel chez l’homme : savoir si la première langue était la langue grecque, latine, juive, arabe ou la langue maternelle employée par les parents de ces enfants

Sa chronique relate qu’avec le temps, les enfants n’ont commencé à parler aucune langue, la langue de Dieu n’a pas émergé. Incapables de vivre sans le contact humain avec les nourrices, ils sont morts un à un durant leur enfance.

Certes, le bébé n’avait pas le statut actuel, mais quand même…  En tout cas Frédéric II, qui ne s’attendait évidemment pas à ça, n’a pas eu la réponse à sa question !

Le temps passé avec les collaborateurs n’est il pas l’équivalent de la caresse chez le manager ?

« Prendre soin de l’autre, échanger avec lui quel que soit son statut, sans quoi tout est perdu ! » ?  Une question à méditer …

Passons à la seconde longue expérience qui nous questionne également sur l’ impact vital des relations.

Il s’agit d’une étude menée à Harvard sur le développement adulte et qui est peut-être la plus longue étude sur la vie adulte jamais réalisée.  Pendant 75 ans, les chercheurs ont suivi les vies de 724 hommes, année après année, s’enquérant de leur travail, de leur vie de famille, de leur santé, et bien sûr les questionnant tout du long sans savoir comment leurs vies allaient tourner. 

Dans une conférence Tedx, le psychiatre Robert Waldinger, actuellement Directeur de cette étude, nous raconte :

« Des études comme celle-là sont extrêmement rares.  Presque tous les projets de ce genre tombent à l’eau en moins d’une décennie, parce que trop de gens abandonnent l’étude, ou le financement de la recherche s’arrête, ou les chercheurs passent à autre chose, ou ils meurent, et personne ne prend le relais.  Mais grâce à une combinaison de chance et de la ténacité de plusieurs générations de chercheurs, cette étude a survécu.  Environ 60 des 724 hommes originaux sont toujours en vie, participant toujours à l’étude, la plupart ayant dépassé les 90 ans.  Et nous commençons maintenant à étudier les quelques 2000 enfants de ces hommes. Et je suis le quatrième directeur de l’étude. 

Depuis 1938, nous avons suivi les vies de deux groupes d’hommes.  Le premier groupe est entré dans l’étude alors qu’ils étaient en deuxième année à Harvard.  Tous ont fini l’université pendant la Seconde Guerre Mondiale, et puis la plupart sont partis servir dans l’armée.  Et le deuxième groupe que nous avons suivi était un groupe de garçons du quartier le plus pauvre de Boston, des garçons qui étaient choisis pour l’étude spécialement parce qu’ils venaient des familles les plus en difficulté et les plus désavantagées du Boston des années 30.  La plupart ont vécu dans les HLM, beaucoup sans eau courante. 

Quand ils sont entrés dans l’étude, tous ces adolescents ont été interviewés.  On leur a fait passer des examens médicaux.  On est allé chez eux et sur un interviewé leurs parents.  Et puis ces adolescents ont grandi et sont devenus des adultes qui ont grimpé toutes les marches de la vie.  Ils sont devenus ouvriers, avocats, maçons, docteurs, l’un des présidents des États-Unis.  Certains sont devenus alcooliques.  Quelques-uns schizophrènes.  Ont grimpé l’échelle sociale du bas jusqu’au sommet, et d’autres ont fait le chemin dans l’autre sens. 

Les fondateurs de cette étude n’auraient jamais, même dans leurs rêves les plus fous, imaginé que je me tiendrais ici aujourd’hui, 75 ans plus tard, à vous raconter que cette étude est toujours en cours.  Tous les deux ans, patiemment et méticuleusement, notre équipe de recherche appelle ces hommes et leur demande si on peut encore leur envoyer de nouvelles questions à propos de leur vie.

Beaucoup des hommes des quartiers pauvres de Boston nous avons demandé : « Pourquoi continuez-vous à m’étudier ? Ma vie n’est pas si intéressante. »  Les hommes d’Harvard ne posent quant à eux jamais cette question…

Pour obtenir le portrait le plus précis de ces vies, nous ne faisons pas que leur envoyer des questionnaires.  Nous les interviewons chez eux.  Nous récupérons leurs dossiers médicaux chez leurs médecins.  On prélève leur sang, on scanne leur cerveau, on parle à leurs enfants.  On les films en train de parler avec leurs femmes de leurs plus gros soucis.  Et il y a environ 10 ans, quand on a finalement demandé à leurs femmes si elles voudraient prendre une partie à l’étude, beaucoup de ces femmes ont répondu : « Il était temps. » 

 Et donc qu’avons-nous appris ?  Impact vital des relations ? Quelles sont les leçons qui ressortent des dizaines de milliers de pages d’informations que nous avons diffusées sur ces vies ?  

Eh bien, les leçons ne portent pas sur la richesse, ou la célébrité, ou le travail.  

Le message le plus évident que nous avons ressorti de cette étude de 75 ans est celui-ci :  les bonnes relations nous rendent plus heureux et en meilleure santé.  C’est tout.

Nous avons appris trois grandes leçons sur l’impact vital des relations :

  La première est que les connexions sociales sont très bonnes pour nous.  Il s’avère que les personnes qui sont plus connectées socialement à leur famille, leurs amis, leur communauté, sont plus heureux, sont physiquement en meilleure santé, et vivent plus longtemps que ceux qui sont moins bien connectés.  Et expérimenter la solitude apparaît être toxique.  Les gens qui sont plus isolés des autres que ce qu’ils souhaiteraient s’avéreraient être moins heureux, leur santé décline plus tôt en milieu de vie, les capacités de leur cerveau déclinent plus vite, et ils ont des vies plus courtoises que les gens qui ne sont pas seuls.  Et le plus triste est qu’à tout moment, plus un Américain sur cinq déclare se sentir seul. 

Et on sait que l’on peut se sentir seul dans une foule et seul dans un couple, donc la deuxième leçon que nous avons apprise est que ce n’est pas seulement le nombre d’amis que vous avez, ou que vous soyez ou non engagé dans une relation, mais c’est la qualité de vos relations proches qui comptent.  Il s’avère que vivre au milieu du conflit est très mauvais pour notre santé.  Les mariages conflictuels par exemple, sans beaucoup d’affection, sont très mauvais pour notre santé, peut-être même plus que le divorce.  Et vivre au milieu de bonnes, chaleureuses relations est protecteur. 

Une fois que nous avions suivi nos hommes au-delà de leurs 80 ans, nous avons voulu revenir sur leur cinquantaine et voir si nous pouvions prédire qui deviendrait un heureux et vigoureux octogénaire et qui ne le deviendrait pas.  Et quand nous avons rassemblé tout ce que nous savions sur eux à l’âge de 50 ans, ce n’était pas leur taux de cholestérol à cet âge qui a prédit comment ils allaient vieillir.  C’était leur niveau de qualité de leurs relations.  Les gens qui étaient les plus satisfaits dans leurs relations à 50 ans étaient ceux en meilleure santé à 80 ans.  Et les relations complices réussies nous semblent prévenir de quelques-uns des aléas du vieillissement. Nos couples d’hommes et de femmes les plus heureux ont rapporté, vers 80 ans, que les jours où la douleur physique était la plus forte, leur humeur restait tout aussi heureuse.  Mais les gens qui étaient malheureux dans leurs relations, les jours où ils signalaient le plus de douleur physique, cela était aggravé par plus de douleur émotionnelle. 

Et la troisième grande leçon que nous avons retenue, à propos des relations et de notre santé, est que les bonnes relations ne font pas que protéger nos corps, elles protègent nos cerveaux.  Il s’avère qu’être dans une relation solide fixée avec une autre personne pendant vos 80 ans est protecteur, que les gens qui sont dans des relations où ils sentent vraiment qu’ils peuvent compter sur l’autre personne si besoin, la mémoire de ces gens reste aiguisée plus longtemps.  Et les gens dans des relations où ils ne sentent pas pouvoir compter l’un sur l’autre, ces gens sont ceux qui ont expérimenté des déclins précoces de la mémoire. Et ces bonnes relations, elles n’ont pas à être lisses tout le temps.  Certains de nos couples octogénaires peuvent se disputer continuellement, mais tant qu’ils savaient pouvoir compter l’un sur l’autre en cas de coup dur, ces différends présentent des conséquences négatives sur leurs mémoires. 

Donc, ce message, que les relations profondes sont bonnes pour notre santé et notre bien-être, cette sagesse est vieille comme le monde

 Pourquoi est-ce si dur à comprendre et si facile à ignorer ?  Eh bien, nous sommes humains.  Ce qu’on aimerait, c’est une solution facile, quelque chose qu’on peut obtenir qui rendrait nos vies belles et les maintiendrait comme ça. ” 

Hors , nous ne le savons que trop bien chers Leaders Audacieux, comme le dit Robert Waldinger :

Les relations sont désordonnées et compliquées, et c’est dur labeur que de s’accrocher à la famille et aux amis, ce n’est ni sexy ni glamour.  C’est requestionné tout le long de la vie. Ça ne finit jamais.  

Les gens de notre étude sur 75 ans qui étaient les plus heureux dans la retraite étaient ceux qui ont été travaillés à remplacer les collègues de travail par de nouveaux amis.  Comme la génération Y dans ce récent sondage, beaucoup de nos hommes, quand ils étaient de jeunes adultes, croyaient vraiment que la célébrité, la richesse et le travail étaient ce qu’ils poursuivent pour réussir leur vie.  Mais encore et encore, pendant ces 75 ans, notre étude a montré que les gens qui s’en sont le mieux tirés étaient les gens qui ont compté sur les relations avec de la famille, des amis, des communautés. 

Et vous, chers leaders audacieux ?  Disons que vous ayez 28, ou 40, ou 60 ans.  A quoi cela consiste finalement pour vous de favoriser les relations solides ? Eh bien, les possibilités sont pratiquement sans fin. Remplacer le temps d’écran par du temps avec les gens ? Raviver une vieille relation en faisant quelque de nouveau ensemble ? Rappeler ce membre de votre famille à qui vous n’avez pas parlé depuis des années ? … ? »

Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout et heureuse d’entretenir cette relation avec vous.  Voilà donc, chers Leaders Audacieux deux expériences qui en disent long sur l’impact vital des relations. J’avais à cœur de les partager avec vous.

A dimanche 12H12 pour un autre partage un peu fou 😉

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