Faire appel à son génie

Faire appel à son génie

Bonjour Chers Leaders Audacieux

Aujourd’hui je vous propose d’ouvir une nouvelle opportunité pour traverser ces temps agités : Faire appel à son génie.

Avant toutes choses , en cadeau de bienvenue sur mon blog , si vous avez des changements à accompagner, téléchargez mon manuel pratique et gratuit ” Réussir les changements collectifs”. Il est sur la colonne à droite de l’article ( où tout en bas de page si vous consultez cet article depuis votre téléphone portable)

Pourquoi faire appel à son génie, aujourd’hui ? Eh bien, parce que, encore plus qu’hier et bien moins que demain, les succès passés ne garantissent en rien les réussites à venir !!!!!! Il va nous falloir débrider notre créativité. Oui mais comment ?

Un homme averti en vaut deux , une femme avertie aussi.

J’ai choisi de laisser aujourd’hui la parole à l’auteur d’un livre qui a fait le tour du monde et qui a été adapté au cinéma. Elle nous partage l’après succès, le spectre de la peur de l’échec. Elle nous témoigne surtout le comment faire appel à son génie malgré l’angoisse de ne pas réussir. Voici ce que nous livre Elisabeth Gilbert dans sa conférence TED de 2009

” Il est arrivé récemment quelque chose d’étrange dans ma vie et dans ma carrière, qui a transformé ma relation à ce travail. J’ai écrit un livre récemment intitulé «Mange, Prie, Aime» qui, contrairement à mes livres précédents, a fait le tour du monde, on ne sait comment, et est devenu un sensationnel international best-seller. 

Donc, maintenant, partout où je vais, les gens me parlent comme si j’étais condamnée. Vraiment: condamnée!

Ils viennent me voir, tout soucieux, et me disent: «Vous n’avez pas peur de ne jamais réussir à faire mieux ? Vous n’avez pas peur de passer votre vie à écrire et de ne jamais plus faire du livre qui intéresse qui que ce soit dans le monde ? Plus jamais? »

Faire appel à son génie, oui, mais …

Elisabeth avoue que : Oui, elle a peur, de ça comme d’autres choses ! Mais elle se met à chercher comment faire pour que sa créativité ne soit pas inhibée par la peur. Comment faire appel à son génie ?

Que nous révèle Elisabeth pour arriver à faire appel à son génie, quand la confiance en nos capacités est éprouvée ? :

En cherchant des modèles pour m’inspirer,  j’ai cherché dans le passé  et j’ai aussi cherché dans d’autres sociétés  pour voir si elles avaient des idées meilleures, plus saines que les nôtres  pour aider les créateurs à gérer  les risques émotionnels inhérents à la créativité. 

Cette recherche m’a menée jusqu’à l’Antiquité grecque et romaine.  Soyez attentifs, parce que je vais faire quelques détours.  

Dans l’Antiquité grecque et romaine,  les gens ne croyaient pas que la créativité  venait des êtres humains. A l’époque les gens croyaient que la créativité était un esprit divin bienveillant  qui venait vers les gens à partir d’une source distante et impénétrable,  pour des raisons distantes et impénétrables.  

Les Grecs appelaient ces esprits créatifs divins et bienveillants les «Daïmons».  Socrate, notamment, croyait qu’il avait un daïmon  qui lui inspirait la sagesse de très loin.  

Les Romains pensaient de même,  mais ils appelaient cet esprit créatif désincarné un génie. Ce qui est formidable, car les Romains ne pensaient pas  qu’un génie était une personne particulièrement douée.  Ils croyaient qu’un génie était une sorte d’entité divine et magique  censée vivre littéralement dans les murs  d’un atelier d’artiste et qui se manifestait pour aider l’artiste dans son œuvre d’art sans être vu , influençant cette œuvre. 

Idée brillante : Cette construction mentale protège de la peur des plus ou moins bons résultats de son travail. 

 Tout le monde savait que ça se passait comme ça,  donc l’artiste dans l’Antiquité était protégé de certaines choses,  comme d’un narcissisme excessif, par exemple.  Si l’œuvre était superbe, on n’en était pas entièrement responsable,  tout le monde savait qu’un génie désincarné était venu apporter son aide.  Si l’œuvre faisait un flop, on n’était pas le seul coupable.  Tout le monde savait qu’on avait un génie minable.  Longtemps, c’est ainsi qu’on a envisagé la créativité en Occident. 

Puis la Renaissance est arrivée et tout a changé,  nous avons une grande idée:  l’être humain au centre de l’univers  au-dessus des dieux et des mystères. Plus de place  pour les créatures mystérieuses inspirées par le divin.  C’est le début de l’humanisme rationnel  et les gens se sont mis à croire que la créativité  venait entièrement de l’individu.  Pour la première fois dans l’histoire,   génie devient qualificatif : tel ou tel artiste de génie  au lieu de dire qu’il avait un génie. 

Selon moi, ce fut une grosse erreur.  Je pense qu’autoriser un simple individu  à croire qu’il ou elle est le contenant et le contenu,  la fontaine, l’essence et la source  de tous les mystères divins, créateurs, impénétrables et éternels  revient à imposer un brin trop de responsabilité à un fragile esprit humain.  C’est comme demander à quelqu’un d’avaler le soleil.  Cela déforme et pervertit l’ego  et crée des attentes ingérables sur la performance.  Et je pense que c’est cette pression  qui tue nos artistes depuis 500 ans. 

Et si cela est vrai,  et je crois que c’est vrai,  la question devient: et maintenant ?  Peut-on procéder autrement ?  Peut-être pourrions-nous revenir à une compréhension plus ancienne  de la relation entre les êtres humains et le mystère de la création.  Peut-être pas.  Nous ne pouvons peut-être pas effacer 500 ans de pensée humaniste rationnelle  en quelques lignes.  Je ne vais probablement pas vous convaincre tous. 

Mais la question que je voudrais poser est :  pourquoi pas ?  Pourquoi ne pas voir les choses ainsi ?  Ce n’est pas moins raisonnable que tout ce que j’ai entendu  pour expliquer les caprices exaspérants  du processus de création.  Ce processus, tous ceux qui ont essayé de faire quelque chose –  c’est-à-dire tout le monde ici –  sait qu’il n’est pas toujours logique.  Parfois il peut même sembler complètement paranormal. 

J’ai récemment rencontré la grande poétesse américaine Ruth Stone,  qui a dans les 90 ans maintenant, mais qui a été poétesse toute sa vie,  et elle m’a raconté que dans la jeunesse campagnarde en Virginie,  alors qu’elle travaillait aux champs ,  elle pouvait sentir et entendre un poème à  venir vers elle du paysage.  C’était comme un vent de tonnerre  qui fonçait vers elle à travers le paysage.  Elle le sentait venir aux tremblements de la terre sous ses pieds.  Elle savait qu’il ne lui restait qu’une choisi à faire,  selon ses propres termes «courir comme une folle».  Elle courait comme une folle vers la maison  et le poème la poursuivait, il lui fallait absolument trouver du papier et un crayon  assez vite pour le passage du poème en elle, elle pouvait le prendre  et le coucher par écrit.  D’autres fois elle n’était pas assez rapide,  elle courait, courait, courait, mais n’arrivait pas à la maison  et le poème la traversait en trombe et elle le manquait  et elle disait qu’il continuait son chemin,  à la recherche, selon ses propres termes, «d’un autre poète».  

Quand j’ai entendu ça, j’ai pensé: comme c’est étrange,  ça correspond exactement à mon processus de création. 

Mon processus ne se résume pas à cela, je ne suis pas un conduit, un tuyau !  Je suis une mule, ma manière de travailler  consiste à me lever à la même heure chaque jour  et suer et ramer et pédaler dans la semoule avec peine.  Mais même moi, dans mon travail de mule,  même moi j’ai effleuré cette chose, quelquefois.  J’imagine que c’est aussi le cas pour beaucoup d’entre vous.  Vous savez, même moi j’ai eu des oeuvres ou des idées venant d’une source  que je ne peux pas identifier.  Quelle est cette chose ?  Comment s’y fier d’une manière qui ne nous rende pas fous,  mais qui préserve notre santé mentale? 

Pour moi, le meilleur exemple contemporain de comment faire  c’est le musicien Tom Waits,  que j’ai interviewé il y a plusieurs années pour un magazine.  

Il m’a raconté qu’un jour, en conduisant sur l’autoroute de Los Angeles,  tout a changé pour lui.  Il filait sur la route, et d’un coup  il a entendu cette petite mélodie, inspiration, insaisissable et séduisante.  Il la voulait, elle était magnifique,  il la désirait, mais il ne pouvait pas l’attraper.  Il n’avait pas de papier, pas de crayon,  il n’avait pas de dictaphone. 

Il a commencé à sentir la vieille angoisse monter en lui  ce: «Je vais la perdre  et je vais être hanté par cette chanson à tout jamais.  Je ne suis pas assez bon, je n’y arriverai jamais. »  Au lieu de paniquer, il s’est arrêté.  Il a mis fin à tout ce processus de pensée  et fait quelque chose d’entièrement nouveau et choisi.  Il a regardé le ciel, et il a dit :  “

Toute sa façon de travailler a changé par la suite.  Pas son œuvre, qui était souvent aussi sombre qu’avant,  mais le processus, oui. Et l’angoisse qui l’entourait a lâché quand il est sorti de l’idée du génie son être. Il a envisagé son travail comme une collaboration étrange et merveilleuse,  une sorte de conversation entre Tom et cette chose bizarre extérieure  qui n’était pas tout à fait Tom. 

 Cette idée m’a, moi-même, sauvée pendant que j’écrivais «Mange, Prie, Aime»  et que j’ai eu l’un de ces accès de désespoir  qu’on a tous quand on travaille sur quelque chose qui ne prend pas  et qu’on commence à se dire que ça va être un désastre,  que ça va être le pire livre jamais écrit.  Pas simplement mauvais : le pire livre jamais écrit.  J’ai commencé à me dire que je devrais laisser tomber.  Puis je me suis souvenue de Tom parlant au ciel  et j’ai essayé.  J’ai levé la tête du manuscrit  et adressé mes commentaires à une pièce vide de la pièce. J’ai dit à haute voix: « Dis donc, chose,  on sait tous les deux que si ce livre n’est pas génial  ce n’est pas entièrement de ma faute, non ?  Parce que tu vois que j’y mets tout mon cœur,  que je donne tout ce que j’ai.  Alors si tu veux qu’il soit meilleur, tu te pointes et tu fais ta partie du contrat.  D’ACCORD ?! Mais si tu ne le fais pas, tu sais quoi, tant pis !  Je vais continuer à écrire parce que c’est mon boulot.  Et j’aimerais qu’on prenne bien note qu’aujourd’hui  j’ai fait ma part du travail !!! »  

Parce que  en fin de compte, on y revient  il y a des siècles dans les déserts d’Afrique du Nord  les gens se réunissaient la nuit pour des danses et de la musique sacrées  qui duraient des heures, jusqu’à l’aube .  Elles étaient toujours superbes, car les danseurs étaient professionnels  et ils étaient excellents.  Mais parfois, très rarement, il se passait quelque chose,  et l’un de ces artistes atteignait la transcendance.  Je sais que vous savez de quoi je parle,  car vous avez tous vus, à un moment, un spectacle comme celui-là.  C’est comme si le temps s’arrêtait,  et comme si le danseur franchissait un seuil et qu’il ne faisait rien qu’il n’ait déjà fait 1 000 nuits auparavant  sauf que là tout est en place.  Et tout d’un coup, il ne semble plus être un simple être humain.  Il est illuminé de l’intérieur, et d’en dessous  et tout illuminé et embrasé par la divinité. 

Quand cela arrivait, à l’époque,  les gens savaient ce que c’était et l’appelaient par son nom.  Ils joignaient leurs mains et psalmodiaient,  «Allah, Allah, Allah, Dieu, Dieu, Dieu»  C’est Dieu, vous savez.  Petite note historique curieuse  quand les Maures ont envahi le sud de l’Espagne, ils ont importé cette coutume  et la prononciation a changé au cours des siècles  de «Allah, Allah, Allah» à «Olé, olé, olé»  qu’on entend toujours dans les corridas et les flamencos.  En Espagne, quand un artiste réalise une chose impossible et magique,  «Allah, olé, olé, Allah, magnifique, bravo».  C’est incompréhensible, c’est là: un aperçu de Dieu.  Ce qui est superbe.

Mais le moment difficile vient le lendemain matin,  pour le danseur lui-même, quand il se réveille,  qu’il se rend compte qu’on est mardi, 11h, et qu’il ne cherche plus Dieu.  Il n’est qu’un mortel vieillissant qui a mal aux genoux,  il n’arrivera peut-être plus jamais jusqu’à cette hauteur.  Et que peut-être personne ne psalmodiera plus le nom de Dieu quand il tournea sur lui-même.  Alors qu’est-ce qu’il lui reste à faire de sa vie?  C’est dur.  C’est l’une des conciliations les plus difficiles à faire  pour un créateur.  Mais toute cette angoisse n’est peut-être pas nécessaire  si l’on n’a jamais pensé, dès le départ.  Si l’on croit tout simplement qu’ils ont été prêtés  par une source inimaginable pour une partie exquise de sa vie  à passer, une fois finie, à quelqu’un d’autre.  Si l’on y pense ainsi, tout change.  “

Alors, chers Leaders Audacieux ?

Être génial ou faire appel à son génie ?

Voilà l’invitation d’aujourd’hui !

Qu’en dites -vous ?

A dimanche 12h12 pour un prochain numéro 😉 N’oubliez pas votre cadeau de bienvenue sur mon blog . Si vous avez des changements à accompagner, téléchargez mon manuel pratique et gratuit ” Réussir les changements collectifs”. Il est sur la colonne à droite de l’article ( où tout en bas de page si vous consultez cet article depuis votre téléphone portable)

Pour les curieux qui ont envie de suivre la conférence en entier . Cliquez sur la vidéo pour “Faire appel à son génie”

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