décider dans l'inconnu

Décider dans l’inconnu

Bonjour chers leaders audacieux

Aujourd’hui nous allons aborder le challenge délicat de se décider dans l’inconnu, le sujet épineux de faire des choix malins en contexte incertain.

Traditionnellement, dans les situations qui nécessitent de prendre des décisions, le groupe se tourne vers son leader et attend de lui « la bonne décision ». Héritiers que nous sommes des « Lumières » nous attendons des choix éclairés, étayés de savoirs éprouvés. Nous avons développé sciences et technologies qui nous permettent de « maîtriser » notre environnement, nous prenant parfois pour des génies (au lieu de faire appel à notre génie : cf. article).

J’ai grandi, moi aussi, avec cette soif de compréhension du monde et de maîtrise des phénomènes, au point d’en devenir ingénieur ! Et pas que : à 15 ans, je lisais« introduction à la psychanalyse” de Freud . A côté de la physique et des sciences de l’ingénieur, métaphysique, psychologie, philosophie et spiritualité m’ont toujours passionnée

Cette soif fait que de temps en temps , je jette un oeil dans le journal du CNRS . Un article de Francis Lecompte y a attiré mon attention. Il s’intitule : Edgar Morin « Nous devons vivre avec l’incertitude »

Voici ce que dit ce grand scientifique et sage de notre temps sur notre rapport la science suite à l’épidémie de Coronavirus « Ce qui me frappe, c’est qu’une grande partie du public considérait la science comme le répertoire des vérités absolues, des affirmations irréfutables. Et tout le monde était rassuré de voir que le président s’était entouré d’un conseil scientifique. Mais que s’est-il passé ? Très rapidement, on s’est rendu compte que ces scientifiques défendaient des points de vue très différents parfois contradictoires, que ce soit sur les mesures à prendre, les nouveaux remèdes éventuels pour répondre à l’urgence, la validité de tel ou tel médicament, la durée des essais cliniques à engager……… les sciences vivent et progressent par la controverse. Les débats autour de la chloroquine, par exemple, ont permis de poser la question de l’alternative entre urgence ou prudence…Or, ce que nous ont montré les philosophes des sciences, c’est précisément que les controverses font partie inhérente de la recherche. Celle-ci en a même besoin pour progresser… L’épisode que nous vivons aujourd’hui peut donc être le bon moment pour faire prendre conscience, aux citoyens comme aux chercheurs eux-mêmes, de la nécessité de comprendre que les théories scientifiques ne sont pas absolues, comme les dogmes des religions, mais biodégradables… »

L’épisode que nous vivons n’est-il pas le bon moment pour se requestionner sur les vérités absolues ou biodégradables de nos organisations… Nos raisonnements stratégiques, nos modes de gouvernance, nos structures d’organisations, nos interactions ne sont -ils pas à réinterroger ? Sommes nous prêts à en assumer les controverses ?

 Commençons par un sujet qui peut prêter à controverse dans la plus petite organisation que nous ayons à manager : « nous même »

Il y a quelque temps je publiais un article « L’audace du siècle » invitant à utiliser notre inspiration, suivi peu après de « Une piste inédite pour sortir du marasme » invitant à fédérer par le Beau. Des bulles de réflexions que je vois rétrospectivement comme les cailloux du petit poucet sur le chemin de la réponse au challenge « décider dans l’inconnu »

Un leader confronté à la nécessité de décider dans l’inconnu, dira qu’il a pris sa décision “en son âme et conscience”.

Ame et conscience : Deux mots qui dépassent largement la rationalité scientifique, ne trouvez-vous pas ?!

Ame et conscience, une dimension de notre être que Carl Gustav Jung ramènerait vers notre « anima », notre « féminin » intérieur, cette partie « réceptive » de notre être.

Pour décider dans l’inconnu, Otto Scharmer du prestigieux MIT à Boston nous invite à utiliser cette réceptivité. Elle est pour lui la clé qui évite de choisir en répétition d’un passé dépassé, mais qui permet plutôt de décider à partir du futur émergeant.

Dans sa théorie U, il décrit le chemin qui nous permet d’accéder à cet espace réceptif, ténu et pourtant infini, du Présent. Pour être dans cette Présence propice à entendre ce qui est approprié par rapport au futur qui advient, il invite à traverser de trois barrières : La barrière du jugement (pensées arrêtées), la barrière du cynisme (cœur fermé) et enfin barrière de la peur (tripes nouées).

La réceptivité de notre être est aussi mise en honneur par le poète : « Le poète a toujours raison-Qui voit plus haut que l’horizon-Et le futur est son royaume-Face à notre génération-Je déclare avec Aragon-La femme est l’avenir de l’homme » chantera Jean Ferrat.  Féminin intérieur, avenir de l’Homme ?

Un point commun pour accéder à cette réceptivité dans les deux cas précités : faire Unité. Unité « Corps, âme, esprit » au MIT et unité masculin -féminin dans la poésie. Sans trop m’avancer, je crois pouvoir dire qu’il s’agit là du chemin prôné par toutes les spiritualités …quand elles ne sont pas dogmatisées !

Pour décider dans l’inconnu, notre capacité à faire Unité semblerait nous aider.

Si j’étais facétieuse, je dirais qu’il y a une certitude dans l’incertitude…. Elle est cachée dans le mot même « incertitude » :

Tendez l’oreille avec moi. Répétons le mot « incertitude ».

 Encore une fois, à haute voix.

 Incertitude,

« 1 » Certitude 

Le « 1 », Un : l’Unité…  

Nous y revoilà ! L’Unité retrouvée. Science, poésie, langue des oiseaux, tout nous ramène à viser l’ Unité , le féminin nous en donnant la clé.

La sublime écrivain, Christiane Singer, décédée il y a quelques années, écrivait : « Ce qui manque le plus à notre vie d’aujourd’hui, c’est cette intensité surgie de l’intérieur. Ce ne sont pas des contenus qu’il faut transmettre, c’est une manière intense d’être. C’est dans la rencontre de personnes vivantes qu’on en donne le gout. »

 N’y aurait-il pas là une piste pour le Leadership du XXIème siècle : envoyer au diable jugement, cynisme et peur, faire Unité, écouter et rayonner « cette intensité surgie de l’intérieur » ?

Avec ce Féminin retrouvé, cette belle d’Âme intérieure écoutée, peut être allons-nous pouvoir décider dans l’inconnu tout en restant efficaces et sereins ?

A dimanche 12h12 pour un prochain numéro 😊

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