croisance de l'autonomie

Croissance de l’autonomie

Bonjour chers Leaders Audacieux. Aujourd’hui je vais vous parler de la courbe de croissance de l’autonomie.

Dans un premier temps, je vous décrie les deux voyages sur cette courbe par une petite histoire personnelle que nous avons surement en commun.

Dans un second temps, j’en fait une description plus accès sur la dimension professionnelle.

Je vous propose ensuite une anecdote qui illustre cette courbe même chez les jeunes retraités.

Enfin je vous décris quelques points de vigilance pour bien manager selon l’endroit où notre interlocuteur est placé.

Belle lecture

 Pour parler de cette courbe de croissance de l’autonomie, je vais commencer par nous raconter une histoire que vous et moi nous connaissons bien puisque nous y sommes tous passés.

Nous étions dans un endroit climatisé, avec nourriture à volonté, bruit amorti, de la douceur par tout comme on pouvait en rêvait. Et puis…

Voilà, on sort !

Hélas, si on ne nous couvre pas quand on a froid, si on ne nous donne pas à manger quand on a faim, eh bien, on meurt !  Oui, notre première relation à notre environnement et aux hommes et femmes qui nous entoure c’est une relation de totale dépendance !

De plus, ceux qui ont eu des enfants, s’en sont surement aperçu : Vers les deux ans, le mot qui apparaît dans la bouche de nos chers enfants est « NON ». Et d’ailleurs, les psys disent que l’on pourrait l’écrire avec un « M » à la fin plutôt qu’un « N ». C’est à cette période que l’on comprend que nous ne sommes pas le prolongement de l’autre. Le prolongement de l’autre qui parfois quand il a froid nous couvre ! Et quand il a faim nous donne à manger et malheureusement, il lui arrive de nous donner à manger quand on n’a pas faim et de nous couvrir quand on n’a pas froid !!!

Voilà, sûrement, de quoi se dire qu’on n’est pas simplement le prolongement de cet être mais que nous avons notre identité propre. Aussi, la première méthode qu’on a trouvée pour faire valoir que nous n’étions pas l’autre ça a été de dire « NON ». Ce « NON » nous conduit non plus à une dépendance mais à une contre-dépendance, c’est-à-dire de faire l’inverse de ce que veut l’autre. Ce « NON » n’est pas là pour embêter le monde mais il nous permet de nous laisser le temps de nous questionner : « Est-ce que je mange parce que j’ai faim ou est- ce que je mange parce qu’il ou elle veut que je mange.

Croissance de l’autonomie. Phase de dépendance, phase de contre- dépendance et puis après…

On va jouer chez la petite voisine et chez la petite voisine, on peut sauter sur le canapé avec les chaussures alors que chez nous s’était formellement interdit. Pendant un après-midi entier on s’adonne à cette d’autant plus joyeuse activité qu’elle n’est pas autorisée. Quand papa et maman viennent nous chercher, pas question de leur dire ce qui s’est passé. Cela reste notre petit secret. Nous entamons les prémices de ce que sera l’indépendance. A cette époque de la vie les psys disent que les enfants jouent l’un à côté de l’autre mais pas l’un avec l’autre. Ils font, par exemple, des pâtés de sable dans le bac à sable mais chacun avec sa pelle et son seau…

Puis arrive la période, environ à l’âge du CP, où je comprends que, moi je sais des choses que l’autre ne sait pas, que l’autre sait des choses que moi je ne sais pas. Si on met tout ça ensemble ça va être très intéressant. Au niveau des jeux, avec ton seau rond et mon seau carré, nous allons échanger, nous allons construire ensemble un magnifique château fort. On le construit vraiment ensemble. Nous goutons l’interdépendance germe de l’autonomie

Nous avons fait un tour de notre escargot de la courbe de croissance de l’autonomie : dépendance, contre dépendance, indépendance et interdépendance.

Alors la sixième arrivent là-dessus. Des profs partout, des cours partout, des devoirs la veille et pas pour le lendemain.

Enfin, bref, tout ce que je connaissais, je n’y connais plus rien !!!

Me voici reparti dans une forme de dépendance. D’ailleurs je vais essayer de fusionner avec cette population qui est à côté de moi. Je veux le jean de la même marque que tout le monde. Je veux les vêtements du même look que tout le monde. Un prof me dit d’acheter un cahier rouge avec une couverture bleue, je vais acheter le cahier rouge avec la couverture bleue. Je vais embêter papa maman pour que ça soit exactement comme ça.

 Ça ne dure pas longtemps : « Les profs sont nuls ! Les parents sont nuls ! Les filles sont nulles ! Je suis nulle, j’ai des boutons partout … » Après notre phase de dépendance, nous commençons rapidement la phase de contre- dépendance.

 Après, si nous suivons le parcours de la courbe de croissance de l’autonomie, nous devrions entamer la phase d’indépendance. Effectivement, nous y faisons toutes ces petites bêtises qui permettent de vérifier si les règles qu’on nous avait donné jusque-là, sont bonnes à adopter. On m’a dit de ne pas boire et bien peut-être que les limites seront dépassées pour voir ce que ça fait. On me dit de ne pas fumer, peut-être que les limites sont dépassées pour voir ce que ça fait. Et ainsi de suite pour plusieurs interdits. On croit que, pour faire ce qu’on veut, il ne faut pas être en rapport avec l’autorité. Tout se fait en catimini pour basculer enfin dans l’interdépendance.

Enfin, une fois sorti de cette phase d’indépendance, on ne va pas se forcer à être celui que l’on n’est pas, où à être qui on est en cachette. Au contraire on va s’affirmer dire des « OUI » et des « NON » bien pesés, pour faire valoir qui on est, tout en respectant les autres. Donc on est dans l’interdépendance qui est l’autonomie.

Par rapport à ça ce que dit Vincent Lenhardt, à partir de là, nous ne sommes plus dans un cycle compulsif qui enchaine les phases où il nous faut passer « Dépendance, Contre- Dépendance, Indépendance, Interdépendance ». Mais on va pouvoir choisir les cases dans lesquelles on a envie de se mettre pour relationner. A condition de trouver notre partenaire de jeu, il y a des moments où on aura envie de se faire cocooner en dépendance, des moments où on aura envie de faire le petit hérisson pour taquiner les gens qui sont autour de nous en contre-dépendent. Quelquefois on fera notre petit polisson pour faire ce qu’on veut quand on veut sans que personne ne nous dise ce qu’on a à affaire. Une soirée entre filles ou entre garçon. Bon, bref, pour aller enfin jusqu’à faire des choses dans lesquelles chacun se retrouve en co-construction chacun conscients de notre interdépendance.

 Tout ce préambule pour en arriver au travail cher Leader Audacieux. Cet enchaînement de phases est le même. Je l’ai ébauché dans l’article sur le coaching. J’y reviens ici un peu plus en détail.

Effectivement, le nouveau qui arrive, assiste à des réunions. Mais si on ne lui dit pas qu’est- ce que veulent dire les trois sigles qui ont été employés dans la phrase qu’il vient d’entendre, il ne comprend rien à ce qui s’est dit ! Si on ne lui dit pas ce qu’il faut faire de ces mails, il va perdre un temps infini à essayer de les traiter. Il est dépendant.

Cette phase de dépendance terminée , il va commencer à dire : « Mais qu’est- ce que c’est que cette boîte ! Je croyais en venant ici que les choses seraient plus comme ci, moins comme ça. Je suis vraiment très déçu, je ne m’attendais pas à ça. Ils sont nuls ! » Le voilà en contre-dépendance puis….

Rapidement « Leur système est trop lourd moi, je vais me faire mon petit tableur Excell dans mon coin. Voilà, ça, ça marche du feu de dieu ! » A cette époque d’indépendance, il peut même arriver à se dire que c’est pénible de travailler avec des gens médiocres … 

Heureusement, il sera rattrapé par la patrouille ! En effet, un jour il se rend compte, agacé, que des décisions ont été prises sans les fameuses informations qui étaient dans son petit tableau Excell à lui. Personne n’a pu en bénéficier. Donc les décisions ont été prises, en dépit du bon sens, d’après lui ! Mal nécessaire pour comprendre qu’il est interdépendant. Il est comme la petite cellule de ma main qui, si elle croit qu’elle peut vivre à côté du corps, ne va pas vivre longtemps. Si elle s’y aventure, elle ne recevra pas l’oxygène et elle ne pourra pas nettoyer ses excréments.

Donc, l’interdépendance et enfin intégrée. L’autonomie est là.

Sachez que cet enchainement : dépendance, contre dépendance, indépendance et interdépendance, peut continuer très, très, longtemps. Un collègue à moi me racontait qu’il avait coaché la femme d’un PDG dans une PME. Ce PDG, arrivé à l’âge de la retraite avait remis les clés de la maison à un nouveau patron mais sa femme était restée salariée à l’intérieur de la boite. La femme avait demandé à mon collègue un accompagnement individuel. Au début de l’entretien, mon collègue lui demande : « Alors Annie, comment va votre mari ?

-« Oh , là, là ! Olivier , ne m’en parlez pas ! Depuis qu’il est à la retraite, je ne le reconnais pas. »

– « Ah bon ? Vous ne le reconnaissez pas ? »

– « C’est-à-dire … eh bien, vous voyez bien comme il était actif. Vous l’avez connu. Vous avez vu cette belle entreprise qu’il a montée. Lui si actif, le voilà qui passe ses matinées sur le canapé, il n’a pas même l’initiative d’aller acheter le pain !!! »

 Mon collègue, sans être devin, revoit notre petite courbe de croissance de l’autonomie et il se dit : « Mais, oui, mais c’est bien sur… ! ». Il regarde cette dame et lui : « Ne vous inquiétez pas, dans quelques temps il va vous expliquer que, vraiment, votre cuisine n’est pas bien rangée. »

Quand mon collègue revient un mois plus tard, il lui demande à notre intéressée : « Alors ? Comment va votre mari ? »

-M’en parlez-pas ! Il m’a dit que la petite étagère que j’ai juste à côté de la plaque de cuisson, est vraiment mal placée. Qu’elle serait bien plus pratique à droite si on y mettait toutes les huiles. »

– Mon collègue lui dit : « La prochaine fois qu’on se voit, vous me raconterez qu’il a déménagé l’étagère sans vous demander votre avis. »

Dépendance, contre- dépendance, là on devrait tutoyer la phase d’indépendance. Celle où je fais mais sans faire référence aux autres. Tout, tout seul dans mon coin.

La fois d’après, quand mon collègue arrive, avant même de dire bonjour, notre belle dame éclate de rire : « Ça y est- il a déplacé l’étagère sans m’en parler ! »

Donc, voilà cher Leader Audacieux, un petit décodeur pour comprendre cette courbe de croissance de l’autonomie. Elle nous sert à ne pas nous agacer et à avoir des réactions appropriées dans de nombreuses situations.

Si on peut être démuni dans la phase de dépendance, il va nous falloir être extrêmement structurant pour le collaborateur qui arrive sur le projet ou dans le service. A nous de le savoir. Mais il faut savoir aussi, qu’à partir d’un moment il va commencer à critiquer, à râler ou à remettre en question ce qu’on est en train de lui proposer. Eh bien au lieu de nous agacer, disons-nous que nous avons bien travaillé jusque-là avec lui. Ça y est : il est en train de muter en phase de contre- dépendance. C’est essentiel qu’il passe par là. Parce qu’on ne peut accéder à l’autonomie que quand on a parcouru les deux cases qui sépare la dépendance de l’interdépendance. Après, il va commencer à faire des choses sans nous rendre compte ! Ça veut dire que là, il nous faudra être un peu plus vigilant que d’habitude, parce que nous ne verrons pas trop la couleur des reporting, des comptes- rendus et autres états d’avancement. Il faudra aller les chercher et nous réjouir de nous rapprocher de l’arrivée. La dernière case étant celle de l’autonomie. Enfin, dans cette dernière phase, la phase d’interdépendance, là on pourra construire avec lui. Ça va être un vrai régal que de pouvoir avancer avec cette intelligence de plus avec laquelle 1 + 1 fera bien plus que 2.

Voilà cher Leader Audacieux, si cette petite explication sur la courbe de croissance de l’autonomie, vous plaît et bien n’hésitez pas à la faire circuler et s’il ce n’est pas encore fait abonnez- vous je serai ravi de vous compter parmi nos lecteurs aguerris. A très bientôt : à dimanche 12h12 pour un nouveau numéro.

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